ANNONCE


Quarante ans après :

Maurice Audin, la guerre d'Algérie.

Le 11 juin 1957, Maurice Audin, mathématicien, assistant à la faculté des sciences d'Alger, communiste, était arrêté par des parachutistes. Dix jours après, le 21 Juin, on perd sa trace. Officiellement selon la hiérarchie militaire, il s'est évadé au cours d'un transfert. Beaucoup, à commencer par sa femme Josette, mère de leurs trois enfants, sont sceptiques sur la réalité de cette évasion. La protestation touche de nombreux universitaires et politiques ; Josette Audin a tout fait pour les alerter.

En novembre 1957 un Comité Maurice Audin se constitue. Le 2 décembre à la Sorbonne, Laurent Schwartz, avec qui Maurice Audin devait passer sa thèse, organise, avec René de Possel dont il était l'élève et l'assistant, Jacques Dixmier et Jean Favart, la soutenance in absentia de la thèse de doctorat du jeune mathématicien.

C'est le quarantième anniversaire de cette soutenance que nous commémorerons le 2 décembre 1997 à l'Institut Henri Poincaré, 11, Rue Pierre et Marie Curie, 75005 Paris.

Ajoutons-le : on sut assez vite que Maurice Audin avait été étranglé par un lieutenant parachutiste. Mais la vérité historique ne deviendra jamais une vérité judiciaire. Le crime, comme tant d'autres commis pendant la guerre d'Algérie, demeura impuni. C'est aussi ce long silence que nous voulons aujourd'hui dénoncer, en même temps que tous les crimes de la guerre d'Algérie.

Le 2 décembre 1997
à 17h
Institut Henri Poincaré
Amphithéâtre Hermite
11, Rue Pierre et Marie Curie - 75005 Paris.
Laurent Schwartz Pierre Vidal-Naquet


Compte-rendu publié dans la "gazette des mathématiciens", numéro 75, janvier 1998, avec l'aimable autorisation du rédacteur en chef de la "gazette" et des auteurs (Laurent Schwartz, Josette Audin) :

remarque : il y a eu d'autres thèses soutenues "in absentia"